Les autres matériaux
Les autres matériaux du Château du Versailles
Les marbres colorés et les miroirs étincelants marquent en tout premier le visiteur du château de Versailles. Mais d’autres matériaux souvent luxueux entrent dans la construction de l’édifice royal.
L’ardoise d’Angers
L’ardoise d’Angers est le matériau de couverture le plus utilisé à Versailles. Elle est employée sur les bâtiments royaux depuis le 16e siècle.
À cette époque, les ardoisières sont creusées à ciel ouvert. Au 17e siècle, 250 ardoisiers produisent annuellement quelque 5 millions d’ardoises.
Tout au long de l’Ancien Régime, l’extraction d’ardoise se fait manuellement.
La brique
Entre 1631 et 1634, Louis XIII fait reconstruire son pavillon de chasse par Philibert Le Roy pour le transformer en un petit château de brique et de pierre, couvert d’ardoises. Louis XIV conservera ce bâtiment qui entoure encore aujourd’hui la cour de marbre.
Les parements de brique visibles aujourd’hui sur le château et la plupart des dépendances sont modernes et correspondent à des remplacements systématiques réalisés depuis un siècle.
Le bois
Il est utilisé en imposantes quantités pour les charpentes. Les poutres de certains bâtiments, comme la Galerie des Glaces, sont de section et de portée
énormes, allant jusqu’à 60 x 60 cm et 10 m de longueur.
L’or
Des millions de feuilles d’or sont appliquées en parement dans tout Versailles, en décoration intérieure comme extérieure (boiseries, ferronneries des balcons, plombs des toitures).
La grille royale et les balcons et garde-corps reconstruits, dorés en plein, répondent désormais aux ornements en plomb sculpté des toitures, également dorés. Dorée également, la crête de cuivre surmontant la chambre du roi.
L’argent
Le fabuleux mobilier d’argent massif a disparu, envoyé à la fonte en 1689 pour financer les frais de la guerre.
Dès 1664, le roi avait passé commande de meubles en argent alors très à la mode, qui trouveront place dans le Grand Appartement lorsque, en 1682, Louis XIV décide de s’établir avec la Cour à Versailles. Imaginés d’après des dessins du premier peintre du roi, Charles Le Brun, et exécutés par les plus éminents orfèvres, ces meubles vont éblouir les soirées que Louis XIV offre à la Cour dans son Grand Appartement. Sur ses quatre côtés, la pièce était ornée de très grandes pièces d’argent : des tables flanquées de guéridons et surmontées de grands miroirs, des luminaires d’argent et des accessoires de cheminée. Le mobilier d’argent scintille à la lumière des bougies, contribuant au faste de la fête.
La pierre
La pierre la plus commune est le calcaire de Lutèce, utilisé notamment pour les soubassements.
La pierre de Saint-Leu est également très présente. Pierre coquillée, tendre à l’extraction, elle durcit en séchant et résiste bien dans le temps, bien que sa mise en œuvre doive s’effectuer uniquement en été, car elle s’effrite sous l’effet du gel. C’est la pierre de Saint-Leu qui donne à Versailles sa caractéristique patine blond doré.
Tous les pavages extérieurs sont en grès d’Ile-de-France, ainsi que le bassin de l’Encelade, les bosquets de la salle de bal et des trois fontaines, pour lesquels des accrétions (excroissances) naturelles de grès appelées rognons constituent une décoration de style baroque.
Le fer
Dès les débuts de la construction du château de Versailles, du fer carré de 5 cm de section est utilisé. En armatures et tirants , il permet de maintenir la cohésion des pierres sous forme d’agrafes, ancres ou étriers enduits de goudron, de cire, de graisse animale et de poix pour combattre l’érosion.