Oscar Niemeyer (1907-2012), amoureux du béton et des lignes courbes

Oscar Niemeyer (1907-2012)
Né en 1907, Oscar Niemeyer a grandi et étudié dans sa ville natale, Rio de Janeiro. Son œuvre, très inspirée par celle de l’architecte Le Corbusier, s’épanouit au cours d’une longue carrière. Si ses premières réalisations sont brésiliennes, la France accueille plusieurs de ses édifices les plus remarquables. Le béton reste, tout au long de sa carrière, son matériau de prédilection.
Humaniste, doux, généreux, Oscar Niemeyer fut un militant qui voulait combattre les inégalités entre les hommes et porter un message de paix.
Son œuvre est d’autant plus immense qu’il a travaillé dans son agence et aux côtés de ses enfants jusqu’à la fin de sa vie, en 2012. Oscar Niemeyer s’est éteint à l’âge de 104 ans.
© Fondation Niemeyer
© Fondation Niemeyer
Né en 1907, Oscar Niemeyer a grandi et étudié dans sa ville natale, Rio de Janeiro. Son œuvre, très inspirée par celle de l’architecte Le Corbusier, s’épanouit au cours d’une longue carrière. Si ses premières réalisations sont brésiliennes, la France accueille plusieurs de ses édifices les plus remarquables.
L’influence de Le Corbusier

Dessins d’Oscar Niemeyer pour Notre-Dame de l’Apparition à Brasilia
Le béton reste, tout au long de la carrière d’Oscar Niemeyer, son matériau de prédilection, mais ce béton suit des lignes souples tout droit sorties des dessins de l’architecte.
© Fondation Oscar Niemeyer
© Fondation Oscar Niemeyer
À partir des années 30, la scène architecturale brésilienne s’ouvre très doucement au langage moderne. Oscar Niemeyer admire l’œuvre de Le Corbusier, l’architecte de la villa Savoye puis de la Cité radieuse, qui devient une référence pour quelques architectes d’avant-garde comme Lucio Costa. C’est dans l’agence de ce dernier qu’Oscar Niemeyer fait ses premières armes ; les deux s’associent pour construire le siège du ministère de l’Éducation et de la Santé à Rio (1936) qui reprend les cinq points de l’architecture moderne selon Le Corbusier (pilotis, toit-terrasse, plan libre, fenêtre en bandeau, façade libre). Niemeyer aura toujours pour maître à penser Corbu, avec qui il collabore parfois (siège de l’ONU, New York, 1951), mais il attache une importance particulière à l’adaptation de l’architecture moderne aux particularités géographiques, climatiques et culturelles brésiliennes.

L’unité d’habitation de Marseille ou Cité radieuse (1946-1952)
En 1945, dans le cadre des opérations de reconstruction après-guerre, Le Corbusier reçoit la commande d’un immeuble d’habitation à Marseille. La "Cité radieuse" compte 17 étages pour 337 appartements, presque tous en duplex et traversants.
© Fondation Le Corbusier/ADAGP
© Fondation Le Corbusier/ADAGP

Façade de la Villa Savoye, Poissy (Yvelines)
La villa Savoye est sans doute l’une des maisons les plus célèbres du 20e siècle. Construite par l’architecte Charles-Édouard Jeanneret (1887-1965) – plus connu sous le nom de Le Corbusier –, elle incarne la modernité dans l’art de construire. C’est là que l’architecte y applique pour la première fois les cinq points clés de son programme architectural. La maison se compose principalement de dalles, de poteaux et de poutres de béton, qui relient les éléments les uns aux autres et supportent les planchers.
© Fondation Le Corbusier/ADAGP
© Fondation Le Corbusier/ADAGP
Le béton comme matériau fétiche

Le théâtre populaire de Niteroí (2007)
Le béton reste, tout au long de la carrière d’Oscar Niemeyer, son matériau de prédilection, mais ce béton suit des lignes souples et ondulantes tout droit sorties des dessins simples et déliés de l’architecte. Celui-ci s’inspire des courbes du corps féminin ou de celles des collines de la baie de Rio lorsqu’il conçoit le musée d’art contemporain (1991) et le théâtre populaire de Niteroí (2007).
© Fondation Niemeyer
© Fondation Niemeyer
Le béton reste, tout au long de sa carrière, son matériau de prédilection, mais ce béton suit des lignes souples et ondulantes tout droit sorties de simples dessins déliés de l’architecte. Celui-ci s’inspire des courbes du corps féminin ou de celles des collines de la baie de Rio lorsqu’il conçoit le musée d’art contemporain (1991) et le théâtre populaire de Niteroí (2007). Sa maison à Canoas (1953) est une construction tapie dans la végétation luxuriante, où le relief et les rochers sont directement intégrés dans la composition générale, au même titre que les œuvres d’art et les sculptures. La volontaire confusion entre intérieur et extérieur est aussi renforcée par les baies vitrées qui parcourent tout le pourtour de la demeure.
Une carrière en France
L’aventure de Brasilia à peine terminée, Oscar Niemeyer fuit le Brésil frappé par un coup d’État militaire et s’installe plusieurs années (1964-1985) en France, où, à l’initiative du parti communiste français, plusieurs commandes l’attendent : le siège du parti communiste à Paris (à partir de 1955), la Bourse du travail à Bobigny (1975), la maison de la culture du Havre (1982)… Au pied d’une des pentes de cette dernière, il aménage une fontaine qui prend la forme d’une main tendue de laquelle coule de l’eau et fait inscrire à ses côtés : “Un jour comme cette eau, la terre, les plages et les montagnes à tous appartiendront.” Le dessin du plan-masse rappelle la silhouette d’une colombe, symbole de paix, et écho à la forme voulue pour le plan de la ville de Brasilia.
Humaniste, doux, généreux, Oscar Niemeyer fut un militant qui voulait combattre les inégalités entre les hommes et porter un message de paix.
Son œuvre est d’autant plus immense qu’il a travaillé dans son agence et aux côtés de ses enfants jusqu’à la fin de sa vie, en 2012. Oscar Niemeyer s’est éteint à l’âge de 104 ans.

"Le Volcan" ou espace Oscar Niemeyer
Au beau milieu d’une ville où dominent l’angle droit et la symétrie surgit un ensemble blanc, tout en courbes et pour le moins surprenant : c’est la maison de la culture du Havre, dite aussi "Le Volcan" et construite entre 1978 et 1982 par le Brésilien Oscar Niemeyer, architecte de Brasilia, la capitale du Brésil. L’emplacement avait été laissé libre par l’équipe de Perret qui avait pour priorité de reconstruire les logements et les équipements administratifs et scolaires. Nommé par la municipalité, Oscar Niemeyer envisage de créer une place en contrebas de la ville – le forum, point d’accès aux deux principaux bâtiments de plan rond. Le dessin du plan-masse rappelle la silhouette d’une colombe, symbole de paix.
© Philippe Bréard / Ville du Havre / ADAGP
© Philippe Bréard / Ville du Havre / ADAGP