Un projet international complexe
L'opéra d'un jeune architecte danois

Jørn Utzon
Inauguré en 1973, l’opéra de Sydney est souvent considéré comme le chef-d’œuvre de l’architecte danois Jørn Utzon (1918-2008).
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center

Plan de la ville de Sydney (Australie)
Fondée en 1788, Sydney est une ville jeune et dynamique, en plein développement économique et démographique. Au début du 20e siècle, on compte environ un million d’habitants. Au carrefour du Pacifique, Sydney se caractérise par une population cosmopolite. Juste après la Seconde Guerre mondiale, les politiques encouragent l’immigration, nécessaire pour la construction et la modernisation du pays.
Écoles, administrations, hôpitaux… tous les équipements publics nécessaires à la population se construisent progressivement mais il manque encore un établissement culturel pour permettre les productions d’œuvres théâtrales et musicales. Capitale économique du pays, Sydney doit aussi prouver qu’elle est une ville où l’art et la culture ont toute leur place.
© BnF
© BnF
Dans Sydney, ville en plein développement, la construction de l’opéra n’est pas une simple affaire municipale ou nationale : un concours international est lancé en 1955. Le jury, notamment composé d’architectes de toutes nationalités, doit examiner 233 candidatures venues du monde entier, afin de donner à la ville de Sydney la grande salle de spectacle qu’elle attend.
Sydney, une ville en quête d'un opéra
Une ville jeune et cosmopolite
Fondée en 1788, Sydney est une ville jeune et dynamique, en plein développement économique et démographique. Au début du 20e siècle, on compte environ un million d’habitants. Au carrefour du Pacifique, Sydney se caractérise par une population cosmopolite. Juste après la Seconde Guerre mondiale, les politiques encouragent l’immigration, nécessaire pour la construction et la modernisation du pays.
Un manque d'équipements culturels
Écoles, administrations, hôpitaux… tous les équipements publics nécessaires à la population se construisent progressivement mais il manque encore un établissement culturel pour permettre les productions d’œuvres théâtrales et musicales. Capitale économique du pays, Sydney doit aussi prouver qu’elle est une ville où l’art et la culture ont toute leur place.
Le concours international de 1955
Le lauréat du concours lancé pour le nouvel opéra est un jeune architecte danois de 37 ans, presque inconnu en dehors de son pays. Le projet de Jørn Utzon (1918-2008) est sans doute celui qui réussit à mieux tirer parti de l’emplacement donné. Il décide d’aménager le promontoire de Bennelong.

Plan de l’opéra de Sydney (Australie) et du promontoire sur lequel il est construit
Le projet de Jørn Utzon (1918-2008) pour l’opéra de Sydney, choisi suite à un concours international, est sans doute celui qui réussit à mieux tirer parti de l’emplacement donné. Il décide d’aménager le promontoire de Bennelong Point de voiles de béton disposées de façon à donner l’impression d’un grand voilier amarré dans la baie de Sydney. L’ensemble du projet s’étend sur presque deux hectares.
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center
Un projet qui divise et fascine
Les voiles de béton sont disposées de façon à donner l’impression d’un grand voilier amarré dans la baie de Sydney. L’ensemble du projet s’étend sur presque deux hectares. La poésie qui se dégage de ce projet convainc les membres du jury et une partie de l’opinion publique… même si les mauvaises langues y voient des carapaces de tortue ou une tente de cirque !
L’architecture à l’ère de la mondialisation
Au tout début du projet, Jørn Utzon travaille sur l’opéra de Sydney depuis son agence à Hellebæk, près de la ville d’Elseneur, à l’est du Danemark. 17 000 km séparent Elseneur de Sydney ; il faut compter au moins 24 heures de voyage.
Quand on pense que le bureau d’ingénieurs Ove Arup se trouvait à Londres, que les différentes entreprises se trouvaient en Suède, Australie ou encore Autriche et qu’Internet n’existait pas encore, on imagine les difficultés pour réunir tout le monde !

Plan de l’opéra de Sydney
Un théâtre, plus largement un établissement de spectacle, représente beaucoup de contraintes pour un architecte car il y a, comme dans un hôpital ou un grand hôtel, autant d’espaces visibles que d’espaces invisibles. Quand on entre dans un théâtre, on ne voit absolument pas tout. Plus de la moitié des surfaces et des volumes construits sont invisibles aux yeux du spectateur : les coulisses, les bureaux, les loges, les magasins de stockage de décors se dérobent aux yeux du public, mais aussi à ses oreilles pour ne pas rompre la magie du spectacle. Aujourd’hui, l’opéra de Sydney peut recevoir jusqu’à 5 738 spectateurs. Il se compose de deux grandes salles (auditoriums), de studios de répétition, de restaurants et de magasins de souvenirs.
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center
© Utzon Archives / Aalborg University & Utzon Center
Un départ forcé pour Jørn Utzon
Jørn Utzon émigre finalement en Australie avec sa famille et ouvre une agence avec quatre collaborateurs en 1963. Les critiques à l’encontre de l’architecte se multiplient en 1965 lorsque le parti conservateur arrive à la tête du gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud.
Elles débouchent sur un conflit violent, très médiatisé. En 1966, Jørn Utzon se trouve dos au mur. Il quitte l’Australie malgré le soutien d’une partie de l’opinion publique et d’une pétition internationale en sa faveur.
Le chantier reprend quelques mois plus tard, sous la direction de trois architectes australiens. Jørn Utzon n’assiste pas à l’inauguration de l’opéra de Sydney et n’est même pas cité dans les discours officiels. Il ne mettra plus jamais remis les pieds en Australie.
Les mésaventures de Jørn Utzon ne sont pas sans rappeler celles d’un autre architecte danois, Johan Otto von Spreckelsen, concepteur de la Grande Arche de La Défense près de Paris. Également quasi-inconnu lorsqu’il remporte le concours international, il se heurte aux mêmes doutes que Jørn Utzon quant à la faisabilité technique de son projet. Comme lui, remplacé par un architecte local, il quitte le chantier avant l’inauguration de l’édifice.
Une architecture mondialement reconnue
Aujourd’hui, l’opéra de Sydney peut recevoir jusqu’à 5 738 spectateurs. Il se compose de :
- deux grandes salles (auditoriums),
- de studios de répétition,
- de restaurants,
- de magasins de souvenirs.