La charpente métallique
C’est le service ingénierie de l’agence de Chicago Skidmore, Owings and Merrill (SOM) qui est responsable de la partie technique. Frank Gehry a déjà travaillé avec la firme pour le “poisson olympique”, sculpture géante devenue un des points de ralliement du port olympique de Barcelone. À Bilbao, Gehry renouvelle cette collaboration. Il envoie à l’agence une esquisse du futur musée, accompagnée de la question : “Maintenant que vous avez fait un poisson, voudriez-vous faire une fleur ? ” Pas d’autre indication, en dehors de la surface prévisionnelle ! Les ingénieurs de SOM y voient un défi à relever, d’autant plus que leurs bureaux ne sont pas équipés du logiciel CATIA et qu’il leur faudra tout reconvertir avec leur propre logiciel.

La charpente métallique
La construction du Musée Guggenheim Bilbao se déroula entre octobre 1993 et octobre 1997.
Béton ou métal ?
Tout d’abord, Frank Gehry pense qu’une structure en béton armé devrait suffire. Mais au vu des dimensions et de la complexité – sur les dessins et les maquettes de Gehry, certains niveaux s’élèvent à 45 m au-dessus du sol – l’idée d’une structure en acier s’impose rapidement.
Les contraintes budgétaires poussent les ingénieurs à proposer la solution la moins coûteuse : éviter à tout prix la pose d’échafaudages et de structures temporaires, économiser la matière. Ainsi, ils partent d’un module carré de 3 m de côté, fabriqué en série, qui peut être déformé et courbé.
Le recours à la structure en acier peut évoquer les solutions constructives des gratte-ciel qui s’élèvent à Chicago, Detroit ou New York au tout début du 20e siècle. Mais ce matériau rappelle aussi l’histoire industrielle de Bilbao, fortement marquée par la sidérurgie. Les éléments structurels sont fabriqués à Vitoria-Gasteiz, à 60 km au sud. Les ingénieurs de SOM ont relevé le défi de mener ces travaux sur moins de six ans, et même au-delà. Lorsque Frank Gehry se rendit un jour sur le chantier, il s’écria : “Si j’avais su que la structure allait être si élégante et si belle, j’en aurai laissé une partie exposée. C’est dommage de la recouvrir entièrement ! ”