Un bâtiment ne doit pas mentir

Le Havre
Début septembre 1944, les bombes s’abattent sur le centre-ville du Havre, en Normandie. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, (presque) tout est à reconstruire. Cette lourde tâche est confiée à Auguste Perret, entouré d’une importante équipe d’architectes. Le béton, réputé économique, solide et facile à mettre en œuvre, est le matériau privilégié. L’aventure de la reconstruction s’étale sur une petite vingtaine d’années.
Les opérations de reconstruction après la guerre font du Havre une ville radicalement différente. Édifiée tout en béton, la ville est traversée par de larges avenues, ouvertes sur le port et l’horizon.
La ville respecte un tracé orthogonal, ou en damier : les rues en chantier forment des îlots repérés par une lettre et un chiffre, car les rues n’ont pas encore de nom (S29 deviendra plus tard 67, avenue Foch...). Chaque îlot se compose d’immeubles avec une cour ou un jardin, à l’origine des lieux de rencontre entre voisins ou des espaces de jeux pour les enfants. Avec l’arrivée de la voiture, la plupart sont devenus des zones de stationnement.
© Matthieu Simon
© Matthieu Simon
Pour Perret, la vérité constructive doit être respectée. La façade d’un bâtiment doit donner à voir la structure qui le compose. Aucun ornement ne doit cacher les éléments porteurs. C’est la raison pour laquelle la structure reçoit un traitement différent des panneaux de remplissage. Cette vérité constructive va même jusqu’à montrer les moindres détails techniques ; ainsi les joints de dilatation sont laissés apparents pour bien comprendre comment le bâtiment a été construit et comment il tient.
Celui qui dissimule un poteau commet une faute. Celui qui fait un faux poteau commet un crime.
Qu’est-ce qu’un joint de dilatation ?
Le béton est un matériau “vivant” : il se déforme très légèrement en fonction de la température et de l’humidité, surtout au cours des premières années. Mêmes infimes, ces variations doivent être prises en compte pour tout ouvrage ou édifice car elles pourraient occasionner des fissures et affaiblir la structure. C’est la raison pour laquelle on a recours au joint de dilatation qui aménage un espace vide entre deux pans de l’édifice. Un joint de dilatation est destiné à absorber les variations des matériaux de la structure, sous l’effet des variations de température (il est aussi appelé compensateur de dilatation).

Ville du Havre
Le béton est un matériau “vivant” : il se déforme très légèrement en fonction de la température et de l’humidité, surtout au cours des premières années. Mêmes infimes, ces variations doivent être prises en compte pour tout ouvrage ou édifice car elles pourraient occasionner des fissures et affaiblir la structure. C’est la raison pour laquelle on a recours au joint de dilatation qui aménage un espace vide entre deux pans de l’édifice. Le joint de dilatation est visible sur cette photographie : c’est la ligne verticale courant sur toute la hauteur de l’immeuble à droite de la supérette.
© Matthieu Simon
© Matthieu Simon