Construire sur sol humide et peu stable

L’église Saint-Joseph
Le plus haut bâtiment de la ville du Havre s’élève à 107 m de hauteur. C’est l’église Saint-Joseph, dont le gros-œuvre est achevé en 1957 et marque la fin de la reconstruction. C’est aussi la dernière œuvre de Perret, qui meurt en 1954. Plus qu’une simple église, cet édifice est un mémorial et le symbole de la renaissance de la ville. Saint-Joseph impressionne par sa taille, sa monumentalité et sa sobriété : très peu d’éléments, à l’extérieur comme à l’intérieur, rappellent qu’il s’agit d’une église. Situé à proximité du port, l’édifice joue le rôle de point de repère pour les Havrais mais aussi pour les navires arrivant des quatre coins du monde.
© Philippe Bréard / Ville du Havre
© Philippe Bréard / Ville du Havre
À l’embouchure de l’estuaire de la Seine, le centre-ville du Havre repose sur un sol très humide, essentiellement constitué de vase, de sable et de galets alternant avec de nombreuses nappes phréatiques. Cette géologie particulière a conduit les architectes et les ingénieurs de la reconstruction à rivaliser d’ingéniosité pour assurer les meilleures fondations possible à leurs bâtiments. Les pieux pouvaient alors être enfoncés à plus de 15 m sous terre pour y trouver de la roche. Situé tout près de la plage et ouvrant la ville sur la mer, l’ensemble de la porte océane se compose de barres et de tours disposées symétriquement. Hautes de 47, 50 m, les deux tours ne reposent pas sur des pieux, mais sur des masses de sable à l’extrémité desquelles est installé un système d’aspiration. Une fois les tours terminées, le béton bouge encore un peu, il se “tasse”. Pour que le nivellement soit parfait, on aspire, d’un côté ou de l’autre, une certaine quantité de sable.