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L’abbé Suger sur le vitrail de l’arbre de Jessé

Basilique de Saint-Denis
L’abbé Suger sur le vitrail de l’arbre de Jessé
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L’épitaphe écrite à sa mémoire le présente comme un homme "petit de corps et de famille, qui poussé par sa double petitesse, refusa dans sa petitesse d’être petit". En effet, Suger (1081-1151) naît près de Saint-Denis dans une famille de paysans aisés, appartenant néanmoins à la couche la plus basse de la société d’ordres. Il devient oblat, c’est-à-dire enfant consacré à Dieu, à l’âge de 10 ans, dans l’abbaye de Saint-Denis, qui est alors l’une des plus puissantes abbayes bénédictines de France. Prévôt, puis abbé de Saint-Denis en 1 122, il entretient de bonnes relations avec le pape, les évêques et les rois, notamment Louis VI dit le Gros pour qui il accomplit des missions.
Choisi pour diriger l’abbaye grâce à son intelligence et sa bonne connaissance des archives, il se donne pour mission d’en moderniser le fonctionnement et parvient rapidement à en augmenter les richesses. C’est avec cet argent qu’il entreprend dès 1 135 les travaux de restauration de l’église carolingienne et sa transformation en une basilique au style novateur, bientôt appelé gothique. Parallèlement, l’abbé Suger s’intéresse à l’histoire des rois de France. Conseiller de Louis VI et de Louis VII et régent de France durant la croisade, il rédige lui-même les vies des deux rois qu’il a fréquentés et commence à faire rechercher et à réunir dans les archives de Saint-Denis tous les documents qui lui sont nécessaires. Sous son impulsion, l’abbaye amasse alors l’une des plus riches bibliothèques du royaume. Dans la première moitié du XIIIe siècle deux chroniques y sont rédigées en latin : l’une raconte l’histoire de France des origines à la mort de Louis VI le Gros, et l’autre la poursuit jusqu’à la mort de Philippe Auguste en 1 223. Son intérêt pour l’histoire de France, et sa compréhension des enjeux de pouvoir liés à la mémoire, explique également sa volonté de perpétuer la tradition des inhumations royales à Saint-Denis initiée par Charles Martel et Dagobert Ier.

© Vinca Hyolles

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