Brique, pierre et stuc

Le temple du Serpent à Plumes (Quetzalcoatl) à Teotihuacan
La silhouette si particulière des bâtiments de Teotihuacan est due à une technique bien spécifique : le talud-tablero, qui sert de base à leur construction. Ce procédé fait appel aux compétences de maçons, de charpentiers et de spécialiste des revêtements en stuc. Il s’étend ensuite à d’autres régions de Mésoamérique, notamment le pays maya.
Le talud est un mur incliné qui sert de base au tablero, et renforce la solidité de l’ensemble.
Le tablero est un panneau vertical encastré, encadré d’une large moulure, et qui sert de support aux peintures ou aux sculptures décoratives.
Le "talud-tablero" découle de l’alternance de ces deux éléments.
Le temple du Serpent à Plumes est particulièrement caractéristique de cette technique du talud-tablero. Sur le talud, figurent des serpents marins, traités en bas-relief. Sur le tablero, se succèdent de grandes têtes sculptées de Quetzalcoatl, le serpent à plumes, et de Tlaloc, dieu de la pluie et de l’orage, reconnaissable aux cercles autour de ses yeux. Ces têtes sont fixées par de longs tenons enfoncés dans le corps de l’édifice.
© British Museum
© British Museum

Peinture murale à Teotihuacan
Les murs de Teotihuacan étaient presque entièrement recouverts de peinture. Ils étaient d’abord recouverts de stuc finement poncé, dans lequel les artistes peintres traçaient leur dessin au moyen d’une lame d’obsidienne. Les couleurs, sans doute mélangées à la sève d’un cactus local pour en améliorer la fixation, étaient ensuite appliquées directement sur le mur.
Les thèmes picturaux sont très variés : motifs géométriques, végétaux, animaux marins, scènes rituelles… De multiples couleurs sont employées, mais un rouge sombre, nommé "rouge teotihuacan", domine souvent.
Au XXe siècle, le peintre "muraliste" du Mexicain Diego Rivera (1896-1957) rend hommage à cette technique. Durant près de 20 ans, il retrace l’histoire de son pays sur les murs du Palacio National de Mexico, totalisant près de 450 me de fresques.
© The Met
© The Met
Au début du 20e siècle, des fouilles archéologiques effectuées sur le site de la pyramide du Soleil montrent que celle-ci possède en son centre un noyau fait de briques d’argile crue (adobe). Une armature faite de piliers de bois consolide l’ensemble.
L’extérieur de la pyramide est recouvert de pierre puis enduit d’une épaisse couche de mortier de chaux et de sable volcanique, revêtue ensuite de stuc à base de chaux, de sable, et de poudre de quartz qui lui donne sa dureté et sa brillance, et la protège de l’érosion.
Construite plus tard, la pyramide du Serpent à Plumes est quant à elle couverte de blocs de pierre massifs sculptés. Les gigantesques têtes du dieu Serpent à plumes sont maintenues dans la masse par un système de tenons.