Le stuc et le savoir-faire bavarois

Eglise de Wies (Bavière) : entrée et orgue
Eglise de Wies (Bavière) : entrée et orgue | © By user : michaelXXLF (Own work) [GFDL (http : //www. gnu. org/copyleft/fdl. html) or CC-BY-SA-3. 0 (http : //creativecommons. org/licenses/by-sa/3. 0/)], via Wikimedia Commons

Le stuc, réalisé par le stucateur, est un mélange de marbre pulvérisé, de chaux éteinte, de craie et de pigments – parfois de plâtre très fin et de colle forte. Comme pour le plâtre, l’eau sert de liant pour produire un enduit épais plus difficile à travailler que le plâtre. Sec, le stuc prend l’aspect et la dureté de la pierre. Il peut être moulé pour obtenir des motifs en relief mais aussi de grandes sculptures.
Cette technique, déjà employée par les Grecs et les Romains, est redécouverte en Italie au 13e siècle.

Au 18e siècle, cette technique connaît dans les États germaniques une virtuosité jamais atteinte. Cette maîtrise s’explique par le fait qu’en Bavière, à la croisée de l’Europe du Nord et de l’Europe du Sud, les maçons, les tailleurs de pierre et les stucateurs ont mis en commun leurs savoirs respectifs depuis la fin du 16e siècle. Cette collaboration entre corporations a contribué à former des artisans polyvalents dont la maîtrise technique dépasse même celle des Italiens. Des familles entières d’artistes passent alors par l’abbaye de Wessobrunn pour apprendre les techniques du stuc, comme Johann Baptist et Dominikus Zimmermann qui ont conçu l’église de Wies, considérée comme l’une des plus belles églises rococo au monde